L’UE, la Chine et l’Afrique étudient des moyens de travailler ensemble dans le cadre de leur coopération forestière

Les participants européens, chinois et africains au séminaire international sur la gestion durable sino-africaine des écosystèmes forestiers ont discuté des synergies entre la finance verte, les engagements de la Chine en Afrique et le Plan d’action pour l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (Forest Law Enforcement, Governance and Trade - FLEGT).

Les participants européens, africains et chinois au séminaire international by EU FLEGT Facility

M. Harrison S. Karnwea, président désigné du conseil d’administration de l’Autorité de développement des forêts (Forestry Development Authority) du Liberia, a prononcé un discours liminaire sur l’amélioration de la gouvernance et l’application des réglementations forestières au Liberia, grâce à son accord de partenariat volontaire (APV) avec l’Union européenne (UE). « Le Liberia, très petit pays d’Afrique de l’Ouest mais disposant d’une grande zone forestière, a pris des mesures audacieuses pour améliorer la transparence de la gestion de ses forêts », a-t-il dit. « La Chine est rapidement en train de devenir le principal partenaire commercial du Liberia, en particulier pour les produits en bois issus des forêts libériennes. J’encourage la Chine à travailler en étroite collaboration avec le Liberia pour promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur forestier. Lorsque la Chine collabore avec des pays APV et leur achète du bois, les chances d’importer du bois illégal deviennent minces. »

Mme Fang Yuan, directrice adjointe du Département des Traités et du Droit au ministère chinois des Affaires étrangères, a rappelé l’engagement de la Chine en matière de durabilité et d’exploitation légale du bois. « La Chine continue à appliquer sa stratégie de coopération en matière de gestion durable des ressources forestières, qui a pour objectif de lutter contre l’exploitation illégale des forêts et le commerce qui en découle, ainsi que de promouvoir le commerce légal du bois », a-t-elle déclaré. « Jusqu’à présent, la Chine s’est engagée dans une coopération multilatérale étendue, y compris avec l’UE et de nombreux pays d’Afrique, en prenant favorablement part aux négociations internationales et régionales pertinentes et en favorisant les dialogues et échanges internationaux », a-t-elle expliqué. « Des résultats positifs ont été obtenus dans le secteur forestier, après des décennies d’efforts. La Chine et l’UE ont entretenu une communication étroite dans le cadre du Mécanisme de coordination bilatérale (MCB) afin de promouvoir l’échange d’informations et la coopération en matière de gestion durable des forêts, ainsi qu’une gouvernance et une application des réglementations forestières sino-européennes », a-t-elle poursuivi. En faisant remarquer que le MCB « contribue à poser les bases d’une coopération plus large à l’avenir », celle-ci a ajouté que « la Chine, en tant que nation responsable, est prête à collaborer avec tous ceux qui s’engagent dans le développement vert, à faibles émissions de carbone et durable. »     

« L’UE coopère étroitement avec de nombreux pays producteurs africains sur l’application des réglementations, la gouvernance et les échanges commerciaux. L’UE collabore également avec la Chine dans le cadre du MCB, conclu en 2009 afin de mettre fin à l’exploitation illégale des forêts et au commerce illégal du bois à l’échelle mondiale. Ce rendez-vous a aidé la Chine à établir des liens avec les plateformes et processus FLEGT en Afrique, renforçant ainsi les synergies et une compréhension mutuelle. L’UE est désireuse de renforcer sa coopération avec la Chine et l’Afrique » a indiqué Mme Vicky Pollard, première conseillère auprès de la délégation de l’UE en Chine.   

Mme Li Xia, directrice de la division de coopération environnementale Asie-Pacifique au Centre de coopération environnementale Chine-ASEAN (Association des nations d’Asie du Sud-Est), a exprimé l’espoir que « l’ensemble des produits sur le marché, à l’avenir, seront issus de sources durables et seront munis de certificats reconnus bilatéralement et multilatéralement. » Tout en soulignant que la Chine a signé des accords de reconnaissance mutuelle avec plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, elle a également lancé un appel en faveur d’une « accélération de la vitesse de coopération avec l’Afrique afin de permettre une prise de conscience et une meilleure compréhension de ce problème par le public. » Elle a ajouté qu’il « ne s’agit pas seulement de se rendre compte du véritable coût de l’achat de produits en bois moins chers », en faisant remarquer que « chacun d’entre nous porte une part de responsabilité, ce qui comprend le respect des obligations environnementales. » « Je pense que ce jour finira par arriver grâce aux efforts conjoints des responsables politiques, des chercheurs et en particulier des acteurs du marché », a-t-elle conclu. 

Les présentations effectuées au cours de cet événement, et les discussions qui ont suivi, ont traité de la promotion de la gestion durable des forêts dans le cadre de la coopération entre la Chine, l’UE et l’Afrique. Les participants ont souligné l’importance des questions environnementales dans le cadre de la Belt and Road Initiative, à laquelle participent plusieurs pays africains. Des idées et activités concrètes relatives à l’échange de bonnes pratiques, d’expériences et de technologies pour promouvoir le développement vert en Afrique ont été abordées. L’importance de la finance verte pour la gestion durable des forêts a été l’un des autres thèmes majeurs. Les intervenants et participants ont échangé à propos de la conformité des banques chinoises aux normes financières internationales et de la tendance croissante au retrait des investissements des projets comportant des risques de déforestation. Ceux-ci ont évoqué plusieurs mécanismes existants susceptibles de pouvoir mettre à profit la finance verte, comme les Lignes directrices pour le crédit vert (Green Credit Guidelines) de la Chine, le Fonds de développement sino-africain et les prêts destinés aux petites et moyennes entreprises. 

Le deuxième jour du séminaire était consacré au Plan d’action FLEGT. Les membres de divers groupes de Chine, du Ghana, du Cameroun, du Royaume-Uni et d’Allemagne ont discuté de la création de synergies entre les acteurs de l’APV en Afrique et les institutions gouvernementales et entreprises chinoises, afin de promouvoir l’exploitation légale, la gouvernance et la durabilité du bois en Afrique. Le Dr Ralph Ridder, conseiller auprès de l’Autorité forestière chinoise (Chinese State Forestry Authority), GIZ, a mis en évidence le rôle fondamental du Ministère chinois du commerce dans le rapprochement de la Chine et de l’Afrique. M. Thomas Pichet, spécialiste technique auprès du programme Gouvernance forestière, marchés et climat (Forest Governance, Markets and Climate) du Département pour le développement international (Department for International Development - DFID) du Royaume-Uni, a souligné l’importance de la prise de conscience et des échanges d’informations au sein de la chaîne logistique sino-africaine. 

M. Denis Mahonghol, agent forestier et commercial auprès de TRAFFIC Centre Afrique, a insisté sur l’importance des activités sur le terrain, telles que le renforcement des compétences des acteurs de la chaîne logistique et le développement de la vérification de la légalité en Chine. Au niveau stratégique, celui-ci a mentionné l’utilisation de la plateforme du Forum sur la coopération sino-africaine pour défendre le commerce responsable entre la Chine et l’Afrique.

« Ce fut pour moi un honneur de partager l’exemple de réussite du Plan d’action FLEGT et de l’APV du Ghana avec nos amis chinois, et j’attends avec intérêt la poursuite de la coopération entre le Ghana et la Chine dans un avenir proche. J’ai aussi beaucoup appris à propos de la finance verte et de la Belt and Road Initiative. Il est réjouissant de voir combien la Chine a avancé avec l’intégration de la durabilité dans ses pratiques forestières », a déclaré M. Mawuli Samuel Doe, responsable des systèmes et du rapprochement des données au sein de la Commission forestière du Ghana. 

L’événement s’est conclu par une visite au Centre national chinois d’inspection et de supervision de la qualité du bois et des produits en bois. 

Le séminaire international sur la gestion durable sino-africaine des écosystèmes forestiers s’est déroulé les 28 et 29 mars 2018 à Pékin, en Chine. Le rendez-vous était organisé conjointement par la Facilité FLEGT de l’UE et le Centre de coopération environnementale Chine-ASEAN, avec le soutien financier de l’UE et du Ministère de l’écologie et de l’environnement de la République populaire de Chine. 

Celui-ci a rassemblé plus de 80 participants représentant les Ministères chinois de l’écologie et de l’environnement, des affaires étrangères, de l’agriculture et du commerce, ainsi que l’Administration des forêts et des prairies chinoise (China’s State Forestry and Grassland Administration), l’Académie forestière chinoise (Chinese Academy of Forestry), le Centre de coopération environnementale Chine-ASEAN, la Facilité FLEGT de l’UE, GIZ, le DFID, la délégation de l’UE en Chine, la Chambre de commerce de l’UE en Chine, ONU Environnement, la China Society for Finance and Banking, la Banque industrielle et commerciale de Chine, l’ambassade du Ghana en Chine, les associations industrielles et organisations non gouvernementales chinoises.

 

Contenu relatif